Rapport de la mision de sensibilisation de l’ADDADMali dans les villages

11 septembre 2019, par Aicha

Du 25 Avril au 2 Mai 2019 l’ADDAD a effectué une mission de sensibilisation dans trois(3) différentes régions du Mali, Cette mission s’inscrivait dans le cadre d’une sensibilisation des parents des filles migrantes travailleuses domestiques ; les autorités coutumières et communales ; les chefs de villages et conseillers sur les enjeux migratoires ; les causes de l’exode rural ; les conséquences de l’entrée précoce des filles mineures dans le travail domestique ; le rôle que joue l’ADDAD dans la protection des aide-ménagères.

Mais en amont, avant d’effectuer cette mission de sensibilisation dans ces villages ciblés nous avons d’abord discuté avec les point focaux sur l’objectif de cette mission dans leurs villages, vu la lutte contre l’exploitation et les violences faites aux filles migrants travailleuses domestiques dans les grandes villes qui nous lie, il est impératif qu’ils soient parmi la délégation de sensibilisation pour renforcer la bonne compréhension des parents de nous les aide-ménagères.

Cependant, la première étape :

Fut dans la commune de Koumantou et Banko ; elles ont accueilli la délégation de l’ADDAD le 25 et 26 Avril 2019 ; mais à l’arrivée la délégation a rencontré les autorités communales et coutumières présidé par Mr le maire SIDI COULIBALY afin de leur expliquer le but de notre mission.

Après une longue conversation et des questions d’éclaircissement le maire et le chef de village ont donné l’ordre de réaliser l’activité.

Ils ont même demandé à la délégation si on pouvait participer à leur festival en informant et expliquant l’ADDAD à l’assistance compte rendu de la nécessité de la création de cette Association de Défense Des Droits Des Aide-Ménagères et Domestique pour qu’ils aient plus d’impact positif de cette mission de sensibilisation.
A cet effet après la rencontre avec les différentes autorités de la commune de Koumantou et Banko , l’activité a commencé avec une participation massive des femmes

Parce que les remarques ont prouvés une grande responsabilité de nos mamans par rapport à l’exode rural de nous les jeunes filles travailleuses domestiques vers les zones urbaines.

Les points ou thèmes abordés étaient les suivants :
Le pourquoi l’ADDAD (son fonctionnement, son rôle, sa mission ; sa vision…)
Le travail des filles mineures ou l’entré précoce des jeunes filles dans le travail domestique ;
les causes de l’exode rural ;
l’objectif de la création de l’ADDAD dans les sous régions ;
Les activités que l’ADDAD mène ;

Mais il est a signalé que ces les mêmes points qui ont été abordés dans tous ces villages qui ont reçu la délégation de la mission de sensibilisation.
Les deux activités de la première étape à Koumantou et Banko ont regroupé plus d’une 70(soixante-dizaines) de participants constituées d’hommes, femmes y compris les deux chefs de villages et leurs conseillers car tout un chacun a sa part de responsabilité en question de l’exode rural des jeunes filles travailleuses domestiques.

A la fin de l’activité les participants y compris les parents des filles migrantes ont pris l’engagement d’aider l’ADDAD dans son combat pour la réduction des violences faites à l’égard des aide-ménagères. Il y a eu également les témoignages de quelques femmes sur les enjeux de la migration.

Par exemple selon le témoignage d’une femme du nom de Mariam Togola ; quand elle était à Bamako durant son séjour elle a été témoin de l’infanticide d’une jeune fille aide-ménagère ; parce que le père de son bébé n’a pas accepté la paternité ; a refusé complètement d’assumé ses responsabilités ; une autre raison la jeune fille ne voulait non plus déshonorer sa famille.

Ainsi a pris fin l’activité de la première étape ; mais en avant nous avons partagé nos dépliants pour plus d’infos ou en cas de besoins ; faire des photos de famille avec le chef de village et tous les participants et enchainé avec une danse traditionnelle.

La deuxième étape :

a été dans la commune rurale de Béléku(kona) dans la région de Koulikoro.
Le chef de village de Béléku(Kona) a accueilli chaleureusement la mission de sensibilisation de l’ADDAD Mali le 28 Avril 2019.

Après une rencontre avec le chef de village ; il a commissionné un griot qui est très connu dans leur village pour annoncer la bonne nouvelle aux habitants de Béléku(Kona) et son entourage qu’il y aura une grande rencontre sous son grand hagard et que la présence ou la participation massive des femmes est impératif .
Pendant l’activité la présidente de l’ADDAD Mali SITAN FOFANA

a énuméré les causes de la création de l’ADDAD ; vu les violences néfastes de l’exode rural des jeunes filles vers les zones investies par la modernité (grandes villes) la création de cette association de défense a été une obligation pour nous les filles migrantes travailleuses domestiques afin de lutter contre ce fléau migratoire. Parce que les constats révèlent que nous quittons pour des raisons multiples tel que :

La recherche des trousseaux de mariage ;
• La curiosité ;
• La pression familiale ;
• La déscolarisation ;
• La mauvaise gestion de nos ressources naturelles ;
• Le mariage précoce / arrangé/forcé

Toutes ces raisons diverses sont à la base de l’exode rural des jeunes filles.
Ensuite nous avons parlé des activités que l’ADDAD mène comme le 1er Mai, le 8 Mars, le 16 Juin tout cela pour la défense de nos droits, notre bien-être ; notre autonomisation et aussi notre protection.

Après l’intervention de la présidente, Bibatou Togola(secrétaire générale de l’accueil) a pris la parole pour expliquer l’importance du contrat de travail ; car les filles viennent dans les grandes villes en ignorant les difficultés qu’elles peuvent rencontrer, elles se promènent de porte en porte pour chercher un travail à fin de mieux survivre.

Donc l’ADDAD a jugé nécessaire d’établir un contrat de protection entre les employeurs et l’aide-ménagère mais il s’agit des filles qui se trouvent dans son centre ou celle qui ont appris l’existence de l’ADDAD d’où le lien entre les grandes logeuses et l’ADDAD.

Mais nous avons clarifié que le placement des filles ne fais par parti du travail de l’ADDAD mais ça rentre dans ses stratégies de protection.

Bibatou Togola a surtout mis un accent particulier sur les conséquences du travail des filles mineures, non seulement elles sont mieux exploitables mais aussi leur croissance est menacé dû aux tas de tâches ménagères qu’elles exercent durant leur séjour migratoire dans les zones urbaines.
Après ces deux intervenantes ; Quelques jeunes femmes ont témoignés par rapport à leur vécu quand elles étaient aide-ménagères à Bamako.

TEMOIGNAGES

Fatoumata ancienne aide -ménagère :
j’ai travaillé pendant trois(3) ans ; j’étais payé à 6 mille FCFA/mois. Je me réveillais au premier chant du coq et j’étais la dernière personne à se coucher . Je faisais toute les tâches ménagères. Maintenant à la veille des saisons de pluie j’ai demandé à ma patronne les 3 ans de mon salaire car j’aimerai rentrer pour aider mes parents pour le travail champêtre.

Elle me répond :
je n’ai rien pour toi et puis je te mets en garde ne me demande plus jamais de salaire sinon tu regretteras amèrement et aussi je dirai à la police que t’as volé mes objets précieux donc tu ne sauras te défendre. Donc j’ai laissé tomber mes trois ans de salaire que gagné dignement en travaillant.
Djeneba Traoré ancienne aide-ménagère (membre de l’ADDAD) :

Quant à moi ; je n’avais que 13ans mes parents voulaients me marier précocement.

Donc j’ai préféré partir à Bamako. Une fois arrivé là-bas, je suis resté à l’auto- gars car je n’avais nulle part pour me refugier.

Un beau matin un homme m’a donné des informations sur l’existence de l’ADDAD et m’a ensuite indiqué son siège (centre).

Je me suis précipité pour venir là-bas ; une fois venu l’ADDAD m’a accueilli ; elle m’a enregistré et m’ont aussi expliqué le pourquoi de l’ADDAD, la présidente m’a montré de A à Z que cette association m’appartient car elle a été créée par les filles migrantes travailleuses domestiques cela m’a donné l’espoir ; je suis resté pendant un certain temps.

Vu qu’il existe un contrat de protection élaboré par l’ADDAD j’ai demandé qu’on me cherche un travail. J’ai travaillé pendant deux (2) ans je m’occupais uniquement au enfant de ma patronne. Dans le contrat j’étais payé à dix(10.000) FCFA/Mois étant membre de l’ADDAD… J’ai travaillé avec une grande satisfaction grâce à la protection de l’ADDAD.

L’intervention du chef de village de Béléku(Kona) a clôturé l’activité en saluant l’initiative de la mission et le combat de l’ADDAD pour la défense et la protection des filles migrantes travailleuses domestiques.

Il a également promis que c’est lui-même qui sensibilisera d’autres personnes particulièrement les femmes sur les conséquences de l’entrée précoce des filles mineures dans le travail domestique.
A la fin nous avons fait une photo de familles et donné des dépliants.
Troisième étape :

Dans la région de Ségou, cercle de SAN plus précisément dans la commune de Chin-Marka ont également eu l’honneur de recevoir la délégation de la mission de sensibilisation de l’ADDAD.Mali à la date suivante le 29 Avril 2019.

A l’arrivée de la délégation ; nous nous sommes rendu chez le chef de village de Chin. Marka pour demander son accord car au Mali, traditionnellement le pouvoir du chef de village est incontestable ; il fait partie des grands décideurs coutumiers.

Sur ceux, après avoir reçu l’ordre du chef de village ; notre titulaire Seydou Traoré qui est l’un des fils du chef de village a commissionné un griot afin de dire à tout un chacun qu’il va y avoir une grande assemblée sur au place publique de Chin. Marka et que la présence des jeunes filles, femmes est obligatoire compte tenu de l’importance de la rencontre.

Vers 15H30 se trouvait déjà une 60(soixantaine) de personnes composés de femmes ; hommes et jeunes femmes et filles y compris un directeur d’école ; le représentant des autorités coutumières et le conseiller du chef de village.

MME Diallo Sitan Fofana présidente de l’ADDAD Mali et de la sous-région pris la parole mais en avant elle a demandé le pardon aux autorités coutumières car la parole est sacrée en Afrique surtout dans les villages on peut faire du mal avec sans le vouloir. Comme le dit un proverbe africain « La parole est un caillou quand on la jette on ne peut plus la récupérée »
Son intervention était scindée sur les causes de la création de l’ADDAD ou sa description.

Elle a aussi dit pourquoi l’ADDAD a été rependu dans six pays de l’Afrique de l’ouest en plus du Mali à savoir :

Le Burkina Faso, la Cote d’Ivoire, le Benin, le Togo, la guinée. Parce que ces pays sont trans- frontalières.

Tout cela pour renforcer le dynamisme des aide-ménagères et réduire l’exploitation des filles migrantes travailleuses domestiques dans la sous-région.

Ensuite AICHATA KONE communicatrice de l’ADDAD Mali a intervenu sur les activités que l’ADDAD mène pour sa visibilité par exemple : la participation de l’ADDAD aux journées thématiques (1er Mai, 8 Mars…) pour demander la radication et l’application des codes de travail en particulier la convention 189 de l’OIT , organisation des foras avec les différents ministères ; ONG ; associations ; les services de protections (porteurs d’uniformes) qui œuvrent dans la protection et la défense des enfants ; des femmes et des travailleurs. Toutes ces interventions ont été suivies par des témoignages des participants.

TEMOIGNAGES  :

Aminata Koné parent :

Ma première fille OUMOU a travaillé comme aide-ménagère en côte d’Ivoire pendant 2ans. Elle était partie pour la recherche de son trousseau de mariage ; elle a rencontré beaucoup de difficultés. Sa patronne la frappait de jour en jour ; elle faisait tous les ménages de la maison mais payé à 7.500CFA /Mois. A son retour au village elle a été agressée à l’auto-gars par deux bandits armés. Ils ont volé tous son argent. Il a fallu que nous l’envoyons de l’argent pour qu’elle puisse retourner au village saine et sauve.

Adama Sidibé directeur d’école :
Je félicite l’ADDAD pour l’œuvre gigantesque qu’elle est en train d’accomplir.je ne peut que remercier profondément. Nous sommes de cœur avec vous pour l’atteinte de votre objectif et nous ferons preuve.
Après les réponses aux questions d’éclaircissements ; le conseiller du chef de village a remercié les participants spécialement la délégation de l’ADDAD pour la lutte qu’elle fait pour le bien- être et la défense et la protection des filles migrantes travailleuses domestiques qui n’ont aucune idée sur les difficultés qu’elles sont exposés tout au long de leur parcours migratoire. Ainsi a pris fin l’activité avec des photos de familles.
Donc nous avons repris la route pour la quatrième étape qui a été la dernière étape.
Quatrième étape : Ségou ville

La région de Ségou a accueilli la mission de sensibilisation de l’ADDAD le 30 Avril jusqu’au 1er Mai. Mais il est à rappeler que l’activité de Ségou est un peu particulière et différente de celles des autres villages que la mission est passée. Vu que l’ADDAD se trouve déjà à Ségou ; elle a un siège qui la sert de repère. L’objectif était de rencontrer les groupements des jeunes filles aide-ménagères discuter et échanger avec elles parce que bientôt il y aura une grande activité de plaidoyer auprès des autorités politiques de Ségou pour qu’il ait un changement des conditions de vie et de travail des aide-ménagères et que toute la ville de Ségou et son entourage sachent l’existence de l’ADDAD afin de s’engager avec nous pour défendre nos droits qui sont la priorité de nos priorités car Ségou est une capitale régionale du Mali donc les filles sont très fréquentes dans la ville de Ségou un peu tout comme Bamako.
A cet effet après avoir échangé avec les filles, nous avons finalisé la mission avec une visite au siège de l’ADDAD Ségou qui est toute ressente.

En conclusion ; cette mission de sensibilisation a été une satisfaction totale.
 Nous aussi nous avons des Droits que tout bon citoyen doit respecter !

Laureate Prix fondation Stars

Agenda
Troisième édition du forum sous régional des aide-ménagères des ADDAD
Lieu :

Bingerville - Côte d’Ivoire

8 Mars : les ADDAD celebrent la Journée internationale des femmes
Lieu :

Mali, Burkina, Bénin, Guinée, Togo

Facebook
Twitter
  • Cras justo odio
  • Dapibus ac facilisis in
Partennaires
Liens utiles
  • uacdddd.org
  • africaconvergence.net
  • caravaneterreeau.info
Contact

Secrétariat
Quartier NIAMAKORO
Rue :173 ; Porte :146
BPE 17 98 Bamako - Mali
Tel : +223 63 36 41 30 / 20 72 42 54
Email :

Design : Mconcept